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Ma Première Fois


Ma Première Fois

Au départ, le blog « myfirsttime » fut créé par 2 anglais, invitant des personnes de tous sexes et sexualités à évoquer anonymement leur « première fois ». Le succès inattendu de ce blog est aujourd’hui l’objet d’une adaptation scénique, où les témoignages tour-à-tour drôles, émouvants ou incongrus sont évoqués par un quatuor de comédiens déchaînés… Prude s’abstenir ! Ici, on parle de sexe, d’amour, d’occasions manquées, de lieux originaux, de dépucelages sauvages… La liste pourrait être fastidieuse, mais c’est sans compter la mise en scène inspirée de Gabriel Olivares : entre 4 panneaux blancs permettant une scénographie dynamique, nos 4 comédiens rivalisent d’énergie pour courir, se poser, s’intercaler, s’imposer, dynamiter les différents tableaux. Entre 2 descriptions, une interaction avec le public, mis dans la « confidence » dès le début, grâce à la distribution de billets à remplir sur le thème de : « Et vous, votre toute première fois ? », papiers évidemment relevés par les comédiens postés dans la salle… Cet OVNI théâtral fait honneur à son titre, puisqu’il ne ressemble à rien d’autre de ce qui a pu être vu avant sur une scène. Un enchaînement de tableaux, un exercice de style grivois, joyeux et solaire, où les comédiens n’hésitent pas plus à bousculer les conventions qu’à tomber la chemise, pour l’heureuse surprise des spectateurs séduits.


Philippe Chesnais

André Le Magnifique


André Le Magnifique

Alexis Hader n’est pas que le maire de Vigoulet, dans le Gers : c’est aussi un passionné de théâtre, dont le rêve est de monter une pièce écrite par ses soins : Le retour du Chevalier de Sainte Germaine, dont la création lui permettrait de sauver le théâtre de sa ville. Avec l’aide de sa femme Jeanine, et de ses amis Norbert et André, il décide de faire appel au comédien parisien professionnel Jean Pascal Faix, afin de produire son œuvre. Entre le rat des villes et les rats des champs, la guerre des nerfs commence… André le Magnifique fit écho à son titre, lors de sa création en 1998, car la pièce obtint alors le Molière de la meilleure pièce comique. Auréolé de sa reprise triomphale de La Cage aux Folles l’année dernière, le metteur en scène Didier Caron se la réapproprie aujourd’hui, en interprétant le rôle titre avec une maestria confondante. On pourrait croire, à la lecture du résumé, à une charge facile envers une forme d’enthousiasme tout provincial. Rien n’est plus faux, tant la tendresse envers les personnages est authentique. Résultat : on rit des retournements, des dialogues, de la représentation finale, mais toujours avec les personnages. Si Didier Caron est tout simplement irrésistible dans son rôle de simplet passionné des planches, les autres comédiens ne sont pas en reste, et tiennent ce marathon du rire haut la main. Loin de tout cynisme et de politiquement correct « à la mode », André Le Magnifique reste surtout un bonheur de comédie ciselée, au tempo alerte, où le plaisir du jeu de comédien contamine par sa bonne humeur le public conquis.


Philippe Chesnais

Pascal Légitimus dans Alone Man Show


Pascal Légitimus dans Alone Man Show

Séparé (provisoirement ?) des Inconnus, Pascal Légitimus s’offre pour son premier one-man-show un spectacle étonnement introspectif, où la sensibilité domine. Sans charger ses effets, le comédien enchaîne les scénettes, sketchs, moments musicaux pour mieux faire connaître les siens. Et dans un désordre savamment étudié nous sont évoqués parents, oncles et tantes, mais aussi sa fille et son petit ami, lors de portraits incongrus et drolatiques. Mais les nostalgiques des Inconnus apprécieront retrouver des portraits plus délirants comme celui d’une dame patronnesse de catéchisme à la colère hilarante, ou le pote « beauf » de service aux réparties toujours limites…L’artiste revient sur ceux qu’il aime, ainsi qu’à de grandes figures emblématiques : Martin Luther King, Malcolm X, sont cités… Mais également les « ennemis », les parasites, tel ce gimmick du coup de fil d’un Dieudonné définitivement parano, interrompant régulièrement le spectacle… L’humour n’empêche pas la profondeur. En interprétant avec légèreté cette galerie de caractères, Pascal Légitimus donne à penser que l’ancien Inconnu a fait du chemin sur la voie de la reconnaissance. Attendons-nous dès lors à le revoir dans un nouveau panel de rôles, tant la profondeur sensible de son spectacle permet de redécouvrir les multiples facettes de l’artiste.


Philippe Chesnais

Les Prof Son Fatiguai


Les Prof Son Fatiguai

Scandale au lycée François Mitterrand : 3 enseignants et la directrice de l’établissement se retrouvent bloqués en salle des professeurs : le lycée vient d’être pris en otage par ses élèves ! L’occasion, pour les protagonistes, de faire un tour de table aussi personnel que délirant, entre expédition punitive de petits suisses et problèmes sanitaires bien contraignants… Le titre et son orthographe déficiente auront mis le public sur la voie : il s’agit évidemment d’une charge en règle, prétexte à un défouloir haut en couleur de 4 spécimens bien atteints dans leurs autorités respectives ! L’éducation nationale n’en sort pas grandie, mais là n’est pas le but : mesquineries, frustrations et névroses sont bien au programme de la satire annoncée. Au centre de la sacro-salle des professeurs, 4 comédiens déchaînés illustrant leur caricature avec autant de véhémence que de verve. On oubliera pas de sitôt un conseil de classe aussi foireux que délirant, et l’efficacité certaine de quelques répliques bien senties. Les défenseurs du corps enseignant sauront apprécier la folie douce de cette pièce parodique; quant à leurs détracteurs, ils seront alors d’aussi mauvaise foi que les personnages principaux campés ici…mais seront-ils aussi drôles ?


Philippe Chesnais

Des Filles En Aiguilles


Des Filles En Aiguilles

A Pigalle, 4 amis vont s’entraîner dans une accumulation de mensonges, d’artifices et d’échappatoires pour s’échapper de l’emprise d’un mafieux local…Mais si la poursuite d’un magot passant de poches en poches rend la situation délicate, l’amour pimente encore plus cette aventure… Dans le registre du vaudeville, comprenant son lot d’amants dans le placard et de mensonges fantaisistes, « De Filles en Aiguilles » ajoute une course au bas de laine par des personnages hauts en couleur. La recette a déjà fait ses preuves (on pense à la valise voyageuse d’ »Oscar »), mais la pègre parigote décrite ici en rafraichit le dessin. Et on s’amuse de découvrir une bande pieds nickelés bien maladroite, efficacement campée par de jeunes comédiens prometteurs. Mais au centre de la pièce, domine Alexandre Brasseur : nerf de la pièce, le comédien impose ici une prestation physique dense et drôle à la fois, partageant son personnage entre frénésie inquiétante et amour contrit : chacune de ses apparitions amuse autant qu’elle dynamise l’ensemble. Les amateurs de farce et de quiproquos se retrouveront en terrain conquis avec cette drôle de pièce, sûrement illustrée par une équipe dynamique et inspirée.


Philippe Chesnais

Hollywood


Hollywood

Hollywood, 1939 : un producteur renommé engage un scénariste scrupuleux et un réalisateur célèbre pour peaufiner en 5 jours un scénario encore inabouti. A la veille d’un plan de tournage déjà engagé, et gérant tant bien que mal leurs égos respectifs, tous trois vont accoucher en 5 jours de ce qui deviendra le fameux -Autant en Emporte le Vent -... Applaudit par 10 millions de spectateurs à-travers le monde depuis sa création, l’adaptation française d’– Hollywood - confirme aujourd’hui l’engouement entourant cette pièce. Aurait-on pu imaginer qu’un chef d’œuvre du septième art deviendrait le prétexte à une oeuvre aussi vive et inspirée ? La création –dans la douleur- des fameux personnages de Scarlett O’Hara et de Rheth Butler est prétexte à une comédie de caractères irrésistible. Mais elle est surtout le moyen de savourer un trio de comédiens généreux et inspirés : Daniel Russo campe un producteur aussi soucieux qu’entreprenant, Thierry Frémont un scénariste brillant mais parano et sur-actif; quant à Samuel Le Bihan, on l’aura rarement vu jouer avec autant d’humour et d’élégance de son physique athlétique. Tous trois s’amusent, se renvoient la balle, transpirent et rebondissent sur des dialogues incisifs, dont on retiendra une scène d’écriture d’accouchement irrésistible, et un réveil de séance d’écriture douloureusement comique ! Emmenée sur un rythme palpitant, - Hollywood - est la parfaite pièce de cette rentrée conjuguant inspiration du texte et plaisir du jeu. La dernière image, symbolisant la naissance du célèbre film de Victor Fleming, constitue une respiration bienvenue, au terme d’une pièce aussi énergique qu’élégante.


Philippe Chesnais

Divins Divans


Divins Divans

EVA DARLAN vous attend dans sa salle d’attente et vous serez quelques instants ses patients. Elle entre en pleine lumière avant de décortiquer les sombres méandres de nos inconscients. De la salle, elle passe à la scène et chante en duo façon Gainsbarre avec Jacques Lacan. Si, si ! Le texte de Divins Divans permet une transversale piquante entre le cabinet d’une PSY, l’église et le bistro du coin. L’envers du décor de l’âme humaine c’est la perversité à vouloir transformer un enfant en névrosé, une femme en éponge, un homme en performeur du sexe et du boulot. OUAH ! Le divan rouge façon Freud, en voit du monde défiler. Très vite entouré des mouchoirs des pleurs, il provoque les rires des « voyeurs » bien installés dans les fauteuils du théâtre de la vie. Le curé cherche à reprendre les clients de la psy et Eva Darlan l’incarne aussi. Elle passe d’un rôle à l’autre avec légèreté ; surprenante et attachante en écaillère se livrant à -l’écoute flottante- d’une psy enrichie à la misère d’autrui, étonnante lorsqu’en bourgeoise, elle s’indigne du silence si cher à payer. Tous se confessent avec ou sans lapsus, évacuent stress, tristesse ! C’est à rire et à pleurer que ces tranches de vie. Le produit d’appel du curé c’est la culpabilité, et le paradis promis par le psychanalyste c’est de se trouver soi… Alors ces divans confesseurs sont épiques, tordus, pathétiques, émouvants, drôles !!! Quelle idée d’appeler sa fille Phèdre, de dégoupiller sa libido le jeudi plutôt que le lundi. Sobre, libre, dans un rythme parfait, Eva Darlan vous invite à passer un concentré de temps dans son cabinet. Prenez vite rendez-vous : la consultation au prix d’une place de théâtre, c’est donné !


Henriette Chardak

Olivier de Benoist dans Très Très Haut Débit


Olivier de Benoist dans Très Très Haut Débit

Défenseur autoproclamé de la cause masculine, « opprimée » depuis des siècles par les femmes, Olivier de Benoist se charge de réhabiliter le sexe dit fort, grâce à un réquisitoire dont la malhonnêteté (mâle-honnêteté ?) bienvenue séduit son auditoire. Olivier De Benoist n’est pas un nouveau venu sur les planches du café théâtre : depuis sa reprise en 2002 de « Modèle Déposé », créé par Benoît Poolvoerde, son 1er spectacle comme auteur trouve aujourd’hui son aboutissement à l’Européen : jouant les dandys au bord de la crise de nerf, avec un sens de la répartie efficace, De Benoist n’hésite pas à accumuler les poncifs provocants, dont personne ne ressort indemne, pour la plus grande joie des spectateurs acquis. Entre l’inventaire hilarant et absurde d’un sac à main, et la transformation via une potion toute personnelle d’un sexe à un autre, les spectateurs se pâment de rire devant tant de mauvaise foi éhontée. En outre, on appréciera en fin de spectacle son « test de vannes » en direct, destinées à l’émission de Laurent Ruquier : « On ne demande qu’à en rire », où il officie régulièrement cette année. Ponctuant son spectacle de tours de magie (dont il est passionné) aussi simples que touchants, et avec un sens du public évident, Olivier de Benoist impose son flegme dans un tour de grand huit très appréciable. Dès lors, les prédictions pour l’année à venir sont évidentes: son spectacle à « très très haut débit » est promis à un « très très grand » succès.


Philippe Chesnais

Comment L' Esprit Vient Aux Femmes


Comment L' Esprit Vient Aux Femmes

Sur scène de merveilleuses caricatures au prise avec leur conscience et le vocabulaire... Il y a le pourri inconscient, le raté conscient et alcoolique, la fausse ravissante idiote et le binoclard révolutionnaire : l’un est ferrailleur milliardaire, l’autre avocat-conseil, les deux derniers sont d’énormes grains de sable au système des pots de vin politico-financiers… Harry a besoin d’un avocat « qui va lui coûter plus cher que prévu ». Il doit graisser la patte d’un sénateur pour « gagner plus » et Billie sa poulette de paille signe pour lui des contrats juteux et véreux. Au cœur de Washington, Harry cherche une personne qui apprenne les bonnes manières à Billie, pour qu’elle puisse paraître en société, tenir une conversation sans être ridicule. Rien de mieux qu’un journaliste fauché comme coach !... Les ambitions secrètes de chacun se percutent face au Capitole. Les scènes font référence au passé et entrent en résonance avec mille et une actualités. Dans la salle, les rires fusent. La mise en scène de Manon Bony est excellente, précise, drôlissime : de vrais plans séquences où l’on ne s’ennuie jamais ! S’il y a eu la partie de cartes de Pagnol, celle orchestrée dans cet hôtel d’après guerre est inoubliable. Le comique de répétition à son comble répond peu à peu à la question : comment vient l’esprit aux femmes qu’on méprise, mais surtout pourquoi !… Billie va bientôt comprendre les rouages d’une économie vorace… Peu importe les magouilles des puissants, c’est quand l’esprit vient aux femmes que tout s’écroule chez les machos ! À conseiller contre tout accès de morosité comme un excellent remède et ce, dans un lieu mythique. À ne pas manquer !!!


Henriette Chardak

Une Liaison Pornographique


Une Liaison Pornographique

Un homme et une femme se rencontrent par annonce. Il ne s’agit pas d’un flirt, mais d’un fantasme à réaliser et partager. L’anonymat régnera tant sur le désir que sur les prénoms des protagonistes : elle et lui savent ce qu’ils veulent, et s’en amusent. Et puis, d’un rendez-vous à un autre, leur chambre d’hôtel devient le témoin de nouvelles sensations, de nouveaux sentiments…Et si, finalement, de « liaison pornographique », on passait simplement à « liaison » ? Adapté du film de Frédéric Fonteyne au titre homonyme (1997), avec dans les rôles-titres Nathalie Baye et Sergi Lopez, la pièce de Philippe Blasband a été l’objet d’une première création à Marigny en 2007 avec Judith Magre et Jean-Claude Jay. Olindo Cavadini se la réapproprie aujourd’hui, avec l’aide de 2 comédiens n’ayant pas peur de se séduire et de rebondir sur la crudité -supposée- du texte : Françoise Dehlinger et Jean-Paul Cessey. Mais plutôt que de confiner sa mise en scène à la représentation d’une chambre d’hôtel, Cavadini épure le cadre en un espace abstrait: évoluant entre des panneaux blancs fragmentant l’espace, métaphores de leurs doutes et hésitations, nos deux personnages nous font partager leur pas de deux, de la première rencontre dans un café jusqu’au retournement final. Les séquences vidéos projetées ponctuent le déroulement de la pièce, prenant alors le spectateur à-témoin des pensées les plus crues des deux protagonistes. La présence inattendue sur le plateau d’un duo de cordes, au service d’une partition originale, apporte un regard neuf à cette histoire de couple, à la fois scrutateur et empathique, avant de devenir au final commentateur et écho des pensées intimes et non-exprimées de nos affectifs anonymes. Evoquant le thème de l’amour naissant devenu objet de tabou dans nos sociétés modernes, « Une liaison pornographique » est une belle oeuvre dont la re-création et le texte inspiré, entre verdeur et pudeur, permet, en dépit de son titre provocateur, de redécouvrir le mystère et l’indicible du sentiment amoureux.


Philippe Chesnais

Le Carton


Le Carton

Catastrophe ! Sommé par son propriétaire de déménager en urgence, afin de rendre l’appartement à sa fille, Antoine appelle ses copains à la rescousse. Mais entre la nonchalance des uns, les histoires de cœur des autres, un camion qui se fait attendre, l’arrivée d’une top model ne parlant pas un mot de français, et un appartement tenant alors du champ de guerre, le déménagement va progressivement se transformer pour chacun en guerre des nerfs… A sa création il y a 10 ans, « Le Carton » fut un succès inespéré. Créé au Lucernaire, puis repris au Palais des Glaces avant de terminer au prestigieux Théâtre des Variétés, ce vaudeville moderne attire alors un nouveau public, se reconnaissant dans un genre daté (le vaudeville) mais rafraîchi. Décrit comme la rencontre entre les univers de Feydeau de « Friends », la mise en scène rythmée d’Arthur Jugnot et de David Roussel confirme aujourd’hui l’écriture ciselée et dynamique de ce déménagement catastrophe, poussant la mécanique du rire dans ses ultimes retranchements. Les comédiens, montés sur ressorts, s’en donnent alors à cœur joie, entre quiproquos, chassés croisés…et quelques pas de danses finissant d’enthousiasmer le public. La reprise actuelle au Palais des Glaces est donc l’occasion pour une nouvelle génération de découvrir cette pièce de boulevard qui n’a pas pris une ride, et de se reconnaître entre amis dans un grand tour d’hilarité collective.


Philippe Chesnais

Hairspray


Hairspray

Hairspray ébouriffe l’actualité sombre, à coups de nostalgie acidulée. Objets, meubles, immeubles, réclames, 45 tours vintages filent sur scène et nous plongent dans une comédie musicale américaine in french. Les vaporisations de laque sont universelles et le spectacle tout public ! Bienvenue à Baltimore avec l’orchestre life pour assister aux premiers pas de la télé réalité : « Gardez votre vie privée pour l’émission. » entend-on… Nous sommes en 1962 et pas de frontières entre les postes en Noir et Blanc qui trônent dans les salons et le plateau de l’émission. Il faut élire Miss Hairspray à l’heure de l’apartheid... Une adolescente blonde des pieds à la tête est pressentie. Tracy la brune veut passer le casting. Brune et ronde, elle n’a aucune chance... Airs de twist, sur la piste de danse du show télé où aucun Black n’a adroit de cité. Tracy séduit le public, puis se révolte. Son engagement contre le racisme la pousse en prison ! Refusera-t-on toujours sa vision en couleurs de la jeunesse ? Radioscopie de celle-ci qui s’éclatait il y a 50 ans ! Tracy se bat avec d’autres pour une « laque pour tous » : les blancs, les noirs, les jeunes, les vieux… Telle est la trame. Sur scène évoluent mères (en particulier celle de Tracy) filles, pestes remarquables, animateurs, animatrices, danseurs pleins de peps, lits, petits rats, un père, le fabricant de laque… Deux parties inégales, la deuxième étant plus épurée, plus rythmée, plus mystérieuse aussi. Pour avoir les noms des artistes, demander des autographes : l’affiche n’était pas assez grande sans doute !


Henriette Chardak

Les Colocs dans Coming Out


Les Colocs dans Coming Out

Montés à Paris pour devenir des vedettes de show biz’, Robert et Jeannot traînent entre les murs de leur appartement. Décidant de passer une annonce afin de co-louer à une troisième personne (de préférence féminine), ils se retrouvent entichés par erreur d’un comédien homosexuel, expansif et exubérant. Si Jeannot peut encore tolérer les extravagances de son nouveau colocataire, il n’en est pas de même pour Robert, imprévisible et impulsif… Si une pièce de café-théâtre se joue à Paris depuis plus de 1000 représentations, et affiche aujourd’hui plus de 100 000 spectateurs, ce n’est pas le fait du hasard. Il faut savoir tenir la scène, enchaîner sans temps mort les quiproquos, rebondir avec le public, l’amuser tout en s’amusant…Ce Coming Out en vérifie toutes les hypothèses, avec un trio de comédiens rodés à l’impro’ et à la réplique qui tue. Une association de bienfaiteurs enthousiastes et proches du public, qui en redemande entre deux hoquets de rire. Ce vaudeville effréné, qui fait les beaux jours des scènes parisiennes de café théâtre depuis plus de 7 ans maintenant, reste une perpétuelle redécouverte pour le spectateur, tant la proximité avec lui se fait grandissante et forte, à chaque représentation. Efficacement mis en scène par Patrick Hernandez, ce trio dynamite les idées préconçues, célébrant son message de tolérance initial par une gigantesque salve comique.


Philippe Chesnais

Moi, Caravage


Moi, Caravage

Du noir absolu, naît une voix : la mort à la bougie. Flash back avec un casting d’enfer : Caravage et ses modèles. Michelangelo Merisi da Caravaggio, alias Cesare Capitani nous conte son enfance, ses errances affectives, sa passion de peintre. Et miracle, dans l’invisible d’une immense camera obscura : il nous fait voir ses toiles ! Une corbeille de fruits, une méduse, des scènes de torture, des pages de la Bible... Des prostituées, des mendiants ont servi de modèles. L’inquisition romaine va tout faire pour venir à bout de ce rebelle de l’art et du sexe. Témoin de son temps si cruel, Caravage invente le clair-obscur, la conjugaison des sens… Il aime une boulangère, puis un homme, puis un autre, il court vers sa mort. Il prémédite une toile où sa souffrance sera marque de sa liberté. Il sera Goliath agonisant… Les yeux du comédien-peintre brillent, tandis qu’il nous dépeint sa vie… Laeticia Favart est la voix qui le suit comme une ombre. Elle incarne sa mère, ses amant(e)s, ses amis et traîtres, sa prémonition d’artiste, sa fin. Ce bagarreur fou du pinceau et duelliste sanguin, imagine ses toiles devant nous. Caravage né l’année de la bataille de Lépante (1571) mourra moins de quarante ans plus tard après avoir été protégé, haï, traité d’hérétique et condamné à mort. Faire défiler sa vie et son oeuvre inquiétante était une gageure. Mais les spectateurs restent persuadés d’avoir erré dans son atelier, visité les méandres de Rome, et admiré ses chefs-d’œuvre. Après avoir assisté à MOI, CARAVAGE, on regarde « la flagellation du Christ » ou « Judith décapitant Holopherme », éberlué : Caravage est un immense peintre de « la belle horreur ». Le théâtre, et une équipe à l’unisson, on fait entrer l’histoire de l’art par une fascinante suggestion.


Henriette Chardak

Alain Ezzine Fait Sa Comédie !


Alain Ezzine Fait Sa Comédie !

C’est l’histoire d’un mec rond et sympa qui arrive à vous persuader qu’il est Johnny Halliday à l’Olympia dans un mouchoir de poche, que deux agents de la paix vont lui faire la peau parce qu’il convoie un landau qui dépasse les limites… de vitesse sur un trottoir qui le mène en garde à vue, qu’il est magicien avec un pauvre ballon rouge comme un nez de clown. Le spectacle d’Alain Ezzine c’est la rencontre d’une horizontale basée sur le cul, la vie, les pleurs, les rires et des airs de guitare dans le désert de la vie, et d’une plume verticale trempée dans l’acide, l’acidulé, le surréalisme. Des histoires s’enchaînent pour libérer le rire. On se promène dans un immeuble où la concierge s’appelle Belphégor et terrorise tout le monde par sa carrure de Sébastien Chabal. Dans une baignoire ce n’est pas Archimède qui flotte mais les victimes des pêcheurs et chasseurs de tout poil… Dans l’univers de cette étrange comédie pénètre même une sale mouche pas du coche : une mouche qui percute une voiture dans laquelle notre rêveur farceur a pris en stop une bombe : une jeune japonaise un peu désorientée. Alain Ezzine n’hésite pas à faire participer le public à ses chansons et à nous faire vivre ses images comme des collages décalés. Il se LA joue, nous la joue SA comédie, LA comédie humaine grinçante à souhait. Et hop, Johnny remballe sa guitare et tous les personnages repartent dans les coulisses d’un théâtre de poche qui a le luxe de s’offrir des gradins.


Henriette Chardak

L' Asticot De Shakespeare


L' Asticot De Shakespeare

Ce spectacle est une gageure : faire rire de la mort ! L’actrice s’exprime en V.O. quand il s’agit d’Hamlet, et traduit en V.F. avec gourmandise. Cet asticot du temps de Shakespeare parfaitement bilingue joue sur la musicalité des mots. Après cet apéritif fort pimenté on s’attache à ce vers blanc rondouillet entré en scène pour nous faire mourir de rire, mais pas d’ennui. Il raconte sa vie de travailleur des corps, il travaille les défunts au corps, passe d’un roi à un manant. Pour l’asticot philosophe et égalitariste : un homme mort est semblable à un autre. La seule chose qui l’intéresse c’est la chair autour de l’os. Shakespeare a osé cet humour noir, évoquant plein de malice de ces petits êtres blancs qu’affectionnent les pêcheurs, pour pêcher un poisson qui sera mangé par un roi ou un gueux qui à leur tour deviendront le siège d’une famille de petits vers blancs… De l’asticot, Clémence Massart en fait un personnage à part entière, le reflet des hommes et de leurs angoisses. Peu à peu l’asticot se métamorphose en personnages de tous les siècles, asticotant notre curiosité face à l’au-delà. Gravité et hilarité se percutent sans qu’on reprenne souffle. La mise en scène sobre de Philippe Caubère (La danse du Diable) permet une drôlerie à facettes aussi précise que l’accordéon qui accompagne la Mort incarnée… Les sketches se succèdent comme autant de publicités à la vie. Même les enfants rient sans craindre les morts racontées par Clémence Massart. Et puis c’est la fin… du spectacle. Pour la petite histoire asticot, en anglais se dit maggot.


Henriette Chardak

Mission Florimont


Mission Florimont

1534 : dernier agent de François 1er, Florimont de la Courneuve doit relier Constantinople pour proposer un traité d’alliance avec Solimon le Magnifique…C’est sans compter sur les ennemis aussi nombreux qu’improbables qui vont se dresser sur sa route… Basé sur un fait historique réel, les auteurs du « Tour du Monde en 80 jours » se lâchent totalement : anachronismes, parodies, comique de situation, second et troisième degré (voire plus), et même comédie musicale s’enchaînent sans temps mort, dans un spectacle complètement déjanté. Les vignettes s’accélèrent jusqu’à un procès complètement délirant, qui fera pleurer de rire le spectateur. On se demande comment les comédiens, qui interprètent à 5 une…vingtaine de personnages, arrivent à tenir une cadence aussi frénétique. La nomination aux Molières 2010 de la meilleure pièce comique n’est pas le fait du hasard, aussi courez participer à cette mission improbable, dont la réussite humoristique est remportée haut la main !


Philippe Chesnais

La Vie Parisienne


La Vie Parisienne

Débarquant de Suède, et accompagné de son épouse, Le baron de Gondremarck veut absolument profiter de son séjour parisien pour s’adonner aux « plaisirs » de la capitale. Le vicomte Raoul de Gardefeu lui fera découvrir les us et coutumes de cette fameuse vie parisienne, tout en lorgnant sur l’épouse suédoise… Pour son arrivée sur les planches du théâtre Antoine, et au lieu d’opter pour une adaptation littérale, Alain Sachs propose une reprise originale, le spectateur assistant à la création de la célèbre opérette : sous l’insistance d’un régisseur fantasque, les comédiens-chanteurs entrent en scène et découvrent leur partition et leur personnage. Le spectateur glisse alors en même temps que la troupe au cœur de l’action, découvrant avec joie les numéros s’épanouissant devant lui. La qualité première et évidente de ce spectacle réside en la cohérence exceptionnelle de ses comédiens : dépassant l’adage d’Offenbach qui préférait « des comédiens sachant chanter, que des chanteurs ne sachant pas jouer la comédie », la troupe d’Alain Sachs sait…tout faire : chanter, jouer, danser, mimer… Les emplois sont nombreux, et la simplicité des arrangements musicaux mette parfaitement en valeur l’inspiration goguenarde et insolente d’Offenbach. Résultat : un spectacle haut en couleur, joyeux et rythmé, d’où le public ressort comblé. Les applaudissements concluant le dernier acte en sont le parfait exemple, ponctuant l’ultime brillante reprise a cappella du final, au terme d’une représentation enthousiasmante et pleine de vie.


Philippe Chesnais

Le Gorille


Le Gorille

Capturé dans la forêt africaine, un gorille entreprend de se faire éduquer par les hommes, en apprenant la parole humaine. Reconnu par ses pairs, et acclamé par l’Académie, il adoptera finalement les travers humains l’ayant marqué, avant de se livrer à un plaidoyer sur sa condition dérisoire… Adapté d’une nouvelle de Kafka, Jodorowski livre une vision décalée et caustique de la condition humaine, dans son besoin de reconnaissance sociale. Le gorille nous prend à témoin de la dérision de son ascension, validée par ses pairs dans un ultime effort d’adaptation forcée et vain. Le texte, drôle et désenchanté, est brillamment interprété par Brontis Jodorowsky, le fils de l’auteur : sous un déguisement dont on ne sait s’il tient plus du gorille en perdition ou de l’homme en devenir, l’acteur offre une performance physique étonnante et émouvante, qui reste le point fort de la pièce, notamment lors d’un final d’une belle élégance. Balançant entre cocasserie et tristesse, amusement et nostalgie, cette dénonciation rieuse vaut la peine d’être découverte. Le public ne s’y trompe pas, comme le prouve la salve d’applaudissements concluant cette belle prestation.


Philippe Chesnais

Jérôme Commandeur Se Fait Discret


Jérôme Commandeur Se Fait Discret

La secrétaire Gisèle Lapin se plaignant de son mari à ses collègues, être ou ne pas être 'l'ami de' Nadine Pichot sur Face book, les avantages séduction d'être plus 'moyen' que réellement 'beau', Pénélope, militante alter mondialiste fantasmant sur le sex-appeal de José Bové... Tous ces personnages font -entre autre- parti du spectacle de Jérôme Commandeur, qui fait les beaux jours de la scène parisienne depuis 2006. Déclinant une série de personnages hauts en couleurs entre 2 apartés cinglantes, Commandeur livre un spectacle hilarant, dont la simplicité et la nonchalance feintes révèlent surtout un sens de l'observation aussi aiguisé que virtuose. Résultat : on rit, beaucoup, tout du long, le temps d'un one man qui file à toute allure, ne perdant jamais son spectateur en cours de route. Les retardataires n'ont pas de raison de manquer le talent de cet artiste: s'il 'se fait discret' dans le titre, Commandeur brûle les planches, au service de la vanne assassine, et on l'en remercie.


Philippe Chesnais

VOS (Version Originale Sous-Titrée)


VOS (Version Originale Sous-Titrée)

Victoire et Antoine. Manu et Clara. 2 couples de trentenaires, unis pour la vie, ne cessant de partager leurs doutes et leurs joies. Mais la grossesse de Clara va venir troubler l\'équilibre de ce quatuor jusqu\'alors inséparable... Carton sur les planches en Espagne, avant d\'être adapté au cinéma, l\'adaptation française de V.O.S arrive enfin sur nos planches. Les vicissitudes des 4 protagonistes parleront à coup sûr à leurs contemporains. La mise en scène d\'Amandine Raiteux exploite efficacement l\'espace du théâtre Pixel, alternant scènes de groupe et -arrêts sur image-, où chacun des personnages, le temps de l\'expression d\'une pensée ou d\'un doute, créé une intimité avec le public. Les 4 comédiens s\'amusent à traduire les contradictions et les états d\'âme de leurs personnages. Ce puzzle sentimental, naviguant entre lucidité et causticité, saura séduire son nouveau public.


Philippe Chesnais

La Lesbienne Invisible


La Lesbienne Invisible

-Bonjour à tous, je suis la Lesbienne invisible !-, annonce joyeusement Océanerosemarie, en déboulant sur scène... dans le noir, forcément. L'entrée en matière est drôle, la mise en lumière ne l'est pas moins. Pendant plus d'une heure, notre hôtesse nous fait le portrait d'une fille aimant les filles, regrettant de ne pouvoir entrer dans les cases dictées par les médias ou l'inconscient collectif. Entre la camionneuse immortalisée par Balasko dans -Gazon Maudit-, et le -Chic Lesbian- institué de la série -L-Word-, Océanerosemarie se fait la -GirlNextDoor- version lesbienne de nos solitudes urbaines... et décrit, entre ironie et tendresse, et sans militantisme, le périple des célibataires urbains ayant dépassé la trentaine. Résultat: on se reconnaît toujours dans un personnage ou une situation, grâce à un sens de l'observation aiguisé... et une répartie hilarante. J'ai adoré le charme, la vitalité, et l'humour de ce personnage... Alors, ne vous arrêtez pas au titre du spectacle, et foncez faire connaissance avec cette -Lesbienne Invisible-, qui ne devrait pas le rester longtemps.


Philippe Chesnais

Désolé Pour La Moquette


Désolé Pour La Moquette

Un décret ministériel stipule l' installation de moquettes sur les trottoirs, afin de rendre plus "légère" les conditions de vie des SDF…Une occasion pour 2 femmes, vivant chacune sous le regard de l' autre, d' échanger leurs vies (bourgeoisie contre précarité), mais aussi leurs convictions, leurs hommes, leurs amours et leurs solitudes… Les fans de Blier se retrouveront en terrain conquis, l' idée de départ n' étant qu' un prétexte pour développer et varier les thèmes précédents, déjà présents dans sa filmographie…Dans un décor minimaliste, Annie Duperey instaure toute l' autorité et la confusion de son personnage de bourgeoise à la dérive, tandis que Myriam Boyer, de sa gouaille unique, campe une SDF à la fois espiègle et meurtrie. Les écarts scabreux et les bulles poétiques qui font la réputation de leur auteur, s' enchaînent et se fracassent les uns aux autres, pour le plus grand plaisir du spectateur, secoué par ce tour de grand huit théâtral, et dont la conclusion absurde abolie toute distanciation entre public et spectacle. Blier offre un moment rare de théâtre contemporain, entre texte crû et envolées lyriques, qui désarçonnent autant qu' ils ne séduisent…L' expérience, rare, est à tenter.


Philippe Chesnais

En Sursis


En Sursis

Paul a tué la femme de David lors d’un accident de voiture. Dès-lors, comment arriver à survivre à un tel drame ? David pense que tuer Paul lui rendra sa quiétude. Mais assassiner quelqu’un lorsqu’on souffre d’amnésie n’est pas aussi simple… Les deux auteurs et comédiens ont créé un face-à-face original, entre farce absurde et drame, où le déroulement de l’intrigue réserve son lot de surprises et d’apartés. La tension palpable entre les protagonistes, navigant entre complicité graduelle et soutien ambivalent, mène le spectateur sur un fil à la fois trouble et ludique, où la tension ne décroît jamais. Inspiré tant par Pinter pour le vase-clos que par Polanski pour l’absurdité sous-jacente, cette création originale, efficacement mise en scène d’Anthony Binet, et jouée avec sensibilité par Sébastien Chosson et Sylvain Porchet, est l’une des jolies surprises de cette rentrée.


Philippe Chesnais

Le Clan Des Divorcées


Le Clan Des Divorcées

Rires pour tous

Depuis janvier 2004, d'abord en province puis à Avignon et maintenant à la fois à Paris, en tournée et à Avignon chaque été, cette comédie se joue à guichets quasiment fermés.

Qu'est-ce qui fait son succès ? D'abord il y a une conception et une écriture (Alil Vardar) résolument populaire, dans le bon sens du terme. Cette pièce ne vise en effet qu'à divertir tout un chacun, quel que soit son âge ou son milieu ! Le 'pitch' ? Une aristo bon teint et bonnes manières qui vient de divorcer cherche des colocataires pour faire face à ses frais. Son nom imprononçable à quiconque de normal (Stéphanie d'Humily de Malanpry) est son seul critère de sélection, il suffit d'arriver à ne pas l'écorcher pour obtenir gain de cause. Arrivent donc deux femmes divorcées, une anglaise, genre bombe sexy, et une Tarbaise, genre pot à tabac. Il me faut maintenant révéler une autre des clefs du succès de ce spectacle : Alil Vardar en personne dans le rôle de cette dernière ! Vu son gabarit, il ne cherche jamais à féminiser son apparence et ce qui paraît absolument contestable au début s'avère résolument réjouissant. Après avoir fait connaissance, non sans heurts, nos trois drôles de dames vont se mettre en quête d'un homme... Sur scène les comédiens s'en donnent à cœur joie et dans la salle, le public est aux anges, que demander de plus ? A noter, en mai, Claire Gérard et Alil Vardar sont en compagnie de l'inimitable Eve Angéli !


Caroline Fabre

L'Empiafée


L'Empiafée

Piaf ? Ca déchire sa race !

Employée par SOS Chanteuses, ce petit bout de femme aussi gaie qu'un pinson arrive au théâtre en retard.

De toute facon, elle ne compte pas s'éterniser car elle a rendez-vous au Bal des Pompiers. Et puis ce soir, on lui a demandé d'être Edith Piaf, c'est pas gai ca comme univers. Et puis, le pianiste fait la tronche, anéanti par le look de la chanteuse. Il le dit net tènement, il n'y croit pas une seconde. Ni une, ni deux, elle relève le défi ! Face à cet accompagnateur au doigté plan-plan, elle va donner du Piaf qui bouge, qui arrache ! Prête à tout, elle relooke ce triste sire, pour le sortir du pathos dans lequel il s'englue sous prétexte qu'il joue Piaf. Et la donzelle à qui rien ni personne ne semble pouvoir résister parviendra à ses fins et laissera le public pantois devant tant de talents confondus. Car Christelle Chollet développe un très beau jeu de comédienne, un sens pointu du comique et une voix incroyable. Dans ce spectacle où le rythme prend toute son importance, elle monte sur tous les fronts, tchatchant de tout et de rien pour enchaîner sur des chansons immortelles qu'elle s'approprie en leur redonnant une seconde vie, à son image, rayonnante et pleine de peps. Irrésistible !


Caroline Fabre

Laurent Lafitte


Laurent Lafitte

Une réelle force comique !

Cet espoir de notre paysage humoristique a tout d'un grand : excellent comédien qui nous vient du théâtre, il a aussi un vrai talent d'écriture qui s'attache à nourrir les personnages qui vont faire rire aux éclats.

Pour la plupart, ceux-ci sont des méchants mais pour autant, ils sont plutôt attachants parce qu'ils ont mal ou sont maladroits... Laurent Lafitte nous raconte leurs histoires, qui ont tout du conte cruel. Il ne lésine pas en effet sur leurs côtés caustiques, cyniques, inquiétants qui visent à pervertir l'univers policé dans lequel nous vivons. Cette rencontre avec ces monstres du quotidien s'exprime aussi par la chasse aux tabous, tel le fist fucking qui fait l'objet d'un sketch hilarant... ce, et cela tient de l'exploit, sans vulgarité ! A découvrir absolument !


Caroline Fabre

Chance !


Chance !

Bingo !

La vie quotidienne d'un cabinet d'avocat est chamboulée par un jeu de loto collectif... qui s'avère largement gagnant ! Chacun va enfin pouvoir réaliser ses rêves. Mais au fait, quels sont-ils ?...

Le maître mot de ce spectacle est : fantaisie. D'abord dans la parodie de la vie de bureau, ensuite sur le choix de personnages malicieusement typés (la secrétaire amoureuse de son patron, un avocat qui ne peut pas plaider, un autre, sans scrupule...), enfin dans la diversité des registres musicaux (de l'opéra rock à l'opérette). Exploitation pleine d'humour d'une tripotée de clichés, clins d'œil aux sitcoms et autres comédies musicales à succès, personnages déjantés, disjonctages de personnages classiques ... les surprises ne manquent pas, soutirant au public de grands éclats de rire. Car ce spectacle, sûrement moins médiatisé que nombre de grosses productions de comédies musicales, est nettement plus drôle ! Donc, on réserve !!!


Caroline Fabre

Diète Party


Diète Party

Et si c'était vrai ?...

...Ce serait bien moins drôle que cette comédie aussi réjouissante qu'inquiétante dans laquelle le verbe 'dégraisser' se décline au sens propre comme au sens figuré !

Car figurez-vous qu'une entreprise a trouvé un moyen innovant (!) de licencier. Pour opérer une sélection 'naturelle', sa RH a mis sur pied un stage au bout duquel la valeur des employés se mesurera en kilos perdus ! Super, diront certains qui se voudraient plus sveltes ! Mais réfléchissez un peu : si on vous impose une diète, aurez-vous autant de cœur à la suivre que si c'est vous qui l'aviez décidée ? D'autant qu'ici il ne s'agit pas d'un régime, mais de jeûne ! Tel un microcosme de notre société, ce stage réunit des personnalités différentes dont les réactions sont on ne peut plus crédibles... même si, pour faire travailler nos zygomatiques, la situation est un poil exagérées. Sous couvert d'une comédie, réussie, Frédéric Sabrou porte un regard interrogatif sur ce que nous sommes et ce que nous sommes prêts à vivre en situation de danger. Aussi, sous la houlette de comédiens épatants, les répliques entraînent des rires instantanés mais à la sortie les conversations vont bon train sur les dérives de nos dirigeants, toutes sociétés confondues. Un divertissement qui a du sens ? Chouette alors !!!


Caroline Fabre

Patrick Bosso


Patrick Bosso

La courte échelle ? Que du bonheur !!!

Patrick Bosso continue à nous raconter sa vie avec tant de sincérité et tant de talent que c'est un vrai plaisir...

Elevé à coup de 'demande à ta mère', de 'je te l'avais dit ! ' et de ' mais qu'est-ce que tu vas faire plus tard ?', il se souvient de tout, y compris de cette courte échelle qui lui a permis d'accéder aux loisirs payants (Luna Park, piscine, patinoire...). Car sa famille ne roulait pas sur l'or, à Marseille, dans les quartiers Nord, défavorisés comme on dirait aujourd'hui. Mais à défaut d'argent, il y avait l'amour et ça, ça remplace tout. Et puis, il y avait la verve chaleureuse et décomplexée de ses parents et grands-parents, marseillais d'origine italienne, et de quelques figures attachantes, comme le gardien de son immeuble, des profs et ses amis de toujours (ses collègues, comme il les appelle). Aujourd'hui, le talent d'écriture et de comédien de Patrick Bosso nous permet de les rencontrer et, en découvrant son adolescence, de nous rappeler la nôtre, pour peu que nous soyons nés dans les années 50/60. Ah, les parquets cirés et leurs patins obligatoires, les pulls faits maison et les gratouilles qui allaient avec, Pif et ses gadgets... toute une époque ! D'anecdotes en portraits aussi cocasses qu'attendrissants, le public est mort de rire, ce qui ne l'empêche pas d'être, parfois, très ému ! A ne pas manquer !!!


Caroline Fabre

Agnès Soral


Agnès Soral

Jusqu\'au bout...

Qui aime bien châtie bien dit-on ! Eh bien, cette comédienne doit a-do-rer les hommes car ce soir, ils vont en prendre plein la tête !!!

Pourtant, c'est un récital poétique qui était prévu. Mais, pour cause de ruptures amoureuses multiples et simultanées, Agnès Soral, sous prétexte d'être tourneboulée, bouleverse le programme. Ce soir, en veine de confidences, elle nous livre ses interrogations, et surtout ses certitudes sur les hommes, sources, d'après elle, de tous nos maux... en tout cas de toutes ses déceptions. Vous l'aurez compris, Agnès ne croit plus au Prince Charmant. Pourtant, cette séductrice en série use de tous ses atouts, y compris un strip-tease, pour ne pas rester célibataire, cherchant même un homme parmi les spectateurs. Ce faisant, elle s'appuie, nous dit-elle, sur sa longue expérience, pour passer en revue les grands défauts de l'homme... Tout y passe... et l'homme trépasse-t-il ? Non ! Il joint son rire à celui des spectatrices qui se croient presque devant un épisode de Sex and The City !


Caroline Fabre

Faites Comme Chez Vous


Faites Comme Chez Vous

Un polar poilant !

Alain et Nathalie s'étaient organisés une petite soirée sympa en tête à tête... Las, rien ne se déroulera comme prévu !

En effet, au moment où ils s'apprêtent à quitter leur appartement pour sortir dîner, déboulent quasi simultanément la fille d'Alain qui n'a pas de baby-sitter pour garder son bébé ce soir, un concierge venu confier son canari et une équipe de flics (genre bras cassés et têtes vides) qui traque un trafiquant d'œuvres d'art. Chacun y va de sa priorité, ne se souciant pas un instant des habitants... qui n'ont même pas besoin de dire 'faites comme chez vous' pour que chacun prenne ses aises. Alors, chez eux, ça bouge dans tous les sens impactant directement l'état de nos zygomatiques puisque fusent aussi bons mots et répliques savoureuses. L'ensemble, drôle et parfois impertinent, surfe entre réalisme et complète loufoquerie, grâce à une équipe de comédiens épatants qui campent, sans jamais trop en faire, des personnages tout aussi contrastés qui pourraient sortir tout droit d'une BD. Une super récré à programmer !


Caroline Fabre

Chris Orlandi


Chris Orlandi

Mots pour maux

Il vient de se faire larguer... pour une femme ! C'est douloureux certes, mais aussi très vexant pour cet italien pure souche donc macho jusqu’au bout des ongles...

Heureusement, ce personnage est suffisamment sensible et touchant pour qu'il nous soie sympathique. Pourtant, il en fait des tonnes, affectionne les calembours douteux et se venge à force de discours sexiste. D'ailleurs, après avoir déglingué son ex en beauté, il fait du gringue à sa thérapeute... en multipliant petits et gros mensonges sous la photo de Freud ! Heureusement, pour le sauver, il y a Chris Orlandi, usant de son style et d'une classe naturelle pour faire passer tout cela avec brio. Rien ne devient outrancier, tout est drôle. Ce comédien, rompu à tous les styles, entremêle stand up et sketches au fil desquels il déroule un texte riche et varié, du pétage de plomb en règle à la réflexion sincère, des jeux de mots les plus usés aux métaphores les plus recherchées. Du passé au futur et inversement, il passera même par quelques chansons. L'ensemble est habilement troussé et, entre deux rires, exerce indéniablement une charmante séduction, d'autant qu'il est ici essentiellement question d'amour.


Caroline Fabre

Comme Ils Disent


Comme Ils Disent

Le couple n'est pas un long fleuve tranquille !

Si le titre de ce spectacle emprunte à la chanson d'Aznavour, c'est parce qu'il nous raconte la vie du couple formé par Phil et David. Mais ne vous méprenez pas : ce couple a beau être homosexuel, il ressemble à tous les autres !

Eh oui, au début de leur histoire, ils roucoulent, se donnant du Canard et Poussin à tous bouts de phrases. Puis, il y a les petits accrochages de parcours et les grosses disputes, avec réconciliations... ou sans... Bref, comme dans tous les couples on vous dit ! Une douzaine de saynètes nous font entrer dans l'intimité de ces hommes que tout oppose... à part leur amour, du moins un certain temps. L'un superficiel, cabotin et terriblement parisien, ne jure que par le Marais quand l'autre, professeur érudit, est adepte de calme et simplicité malgré son nom à rallonge. Aussi, du théâtre au resto en passant par une boutique de vêtements ou encore une recherche d'appartement par exemple, les excellents auteurs et comédiens de ce spectacle, Christophe Dauphin et Pascal Rocher, nous offrent un florilège de scènes d'anthologie, jouant des codes homos pour en pointer les travers. Résultat, un spectacle résolument gay et joyeux fait pour tous, homos et hétéros !!!


Caroline Fabre

Garnier Et Sentou


Garnier Et Sentou

Décapant !

Garnier, c'est le grand. L'autre ( attention,il mord si on lui dit qu'il est petit ) c'est Sentou.

Ensemble, ces deux garçons déjantés vont une heure durant nous faire rire de bon cœur à coup de points sur les i ou barres sur les t, de princes charmants égarés, de marionnette rebelle, de cordes vocales complices, de frères siamois résignés... De quelques jeux de mots, de burlesque... Et d'une bonne dose de d'inventivité. Non seulement ce duo est parfaitement équilibré mais il ne ressemble à aucun de ceux que nous avons pu voir. En effet, le maître mot de ce spectacle est diversité. Thèmes variés et traités d'une manière originale avec un art de la rupture manié avec brio, alliage de la comédie et de la pantomime, changements de rythme, de couleurs d'humour... Tout ici nous amène de surprise en surprise avec une seule constante : notre rire franc et joyeux. Ajoutons une longue complicité qui se voit, une rigueur dans l'écriture tant du texte que des visuels et une réalisation aboutie et vous saurez que vous devez réserver illico !


Caroline Fabre

Parfums D'Intimité


Parfums D'Intimité

Après l Amour...?

Ils ont vécu une magnifique histoire d'amour jusqu'à ce que l'un trompe l'autre... Une fois de trop. Aujourd'hui, Luc tente une approche...

Tiré de Les anciennes odeurs du québécois Michel Tremblay ce texte n'est pas à proprement parler une comédie. C'est plutôt une 'comédie de mœurs' où alternent légèreté et gravité, joies et peines, illusions et désillusions, violence et tendresse. De plus, elle raconte une histoire qui pourrait arriver à n'importe qui, couple homo (comme ici) ou hétéro. Le temps a apaisé les humeurs, les protagonistes ont muri... Pourtant, avant qu'ils ne créent un nouveau mode de relation, ils devront détricoter ce qui s'est dit, ce qui s'est passé. Ils sont vraiment différents mais se connaissent parfaitement. Aussi, chacun va-t-il aller droit au but, là où ça fait mal pour pouvoir, enfin, partager une parole sans fards mais qui restera pudique et toujours respectueuse de l'autre, à l'instar des deux interprètes complices et sensibles. Non seulement cette tranche de vie est belle, à l'image de la langue de Tremblay, mais elle sonnera vrai, dans l'humour comme dans le drame... Notamment pour tous ceux qui ont gardé une tendresse particulière pour un ou une ex ?


Caroline Fabre

Alice Et La Baguette Magique


Alice Et La Baguette Magique

On suit les aventures de la malicieuse Alice, une enfant à l'imagination débordante face aux adultes et leurs histoires de grandes personnes.

Alice vit dans un monde où les baguettes magiques s'achètent au supermarché. Peut-être qu'elle est la seule à y croire mais elle en est sûre, sa baguette marche pour de vrai !! Sur la notice, elle lit qu'elle a droit à six souhaits. Il s'agit de ne pas les gâcher... En fille pas si sage, elle souhaite prendre sa petite revanche, contre sa maîtresse qui lui fait la vie dure et la punit toujours, et le nouveau chéri de sa maman, Grégoire, qui est moche et lui fait des cadeaux tous pourris. Un spectacle où rien n'échappe aux enfants (3 à 6 ans au plus) qui viennent peut-être à leur premier spectacle, à la fois curieux et enthousiasmés par la jeune héroine. Ce spectacle a toutes les qualités pour leur faire passer un bon moment.


Solene Guillot

Bio Mais Pas Dégradées


Bio Mais Pas Dégradées

Etre écolo oh la la !

Christian Dob nous livre sa version des Babas cadres... au féminin ! Elles avaient quitté Paris, son stress et sa pollution pour, avec leur compagnon respectif, vivre une vie naturelle et paisible à la campagne.

Las, les mecs ont vite lâché l'affaire et les voici larguées à plus d'un titre ! L'une s'est découvert une âme d'artiste et essaie de vendre des œuvres artisanales sur les marchés. L'autre a tenté d'élever mout races d'animaux. Elle en est aujourd'hui aux canards qui ne sont plus que des squelettes sur pattes. Aujourd'hui, Josy et Mimi font le bilan : leurs finances sont à zéro, sans espoir de remontée et, côté sentimental, rien à l'horizon non plus. Que fait-on quand on déprime Mesdames ? On mange ! Or, dans les placards, c'est le vide sidéral ! Ne reste donc plus qu'à rendre l'autre responsable de ses malheurs ! De là, commence un crêpage de chignon réjouissant, nourri de piques assassines et de réparties qui font mouche. Ajoutons que nos héroïnes désespérées ont des interprètes de rêve, Muriel Lemaire et Patricia Levrey, qui défendent bec et ongles une intrigue mince comme un fétu de paille pour nous faire rire aux éclats. Une récré sympa à programmer.


Caroline Fabre

Ma Déclaration D Humour


Ma Déclaration D Humour

Atelier de rigologie

Idéal en ces temps de crise, ce one woman show d'Emmanuelle Fernandez nous propose une crise... de rires !

Elle arrive en blouse blanche avec l'air sévère d'une infirmière. Pourtant, c'est une conférencière que nous avons devant nous. Malgré cet air sérieux de circonstance, la donzelle va explorer pour nous le rire, sous toutes ses coutures, de toutes les couleurs... pour nous sortir de cette léthargie due à l'ambiance morose qui nous entoure. Mais, le rire n'étant pas une science exacte, puisque nous ne rions pas tous des mêmes choses au même moment, elle doit explorer le rire dans tous ses éclats. Elle ne se permettra aucune exception annonce-t-elle tout de go. Nous en passerons donc par le rire jaune, le rire noir, l'absurde, le comique de répétition... mais aussi le rire potache, le rire gras, le rire scato et tout ce que, d'habitude, le spectateur exigeant préfère éviter. D'où une petite appréhension qu'Emmanuelle va bien vite dissiper. Pourtant, effectivement, elle ne fera l'impasse sur rien de cela... Mais là où tant d'autres se seraient engouffrer pour nous entraîner vers des terrains boueux, cette comédienne rigoureuse dotée d'un joli talent d'écriture, nous offre une heure empreinte de subtilité et de rire sain en compagnie d'une kyrielle de personnages plus surprenants les uns que les autres. Certes, nous aurons droit à une dame pipi... mais écolo et philosophe ! A un essayage de string... mais hilarant ! Et à bien d'autres situations inattendues au cours desquelles la demoiselle transformera les sujets les plus scabreux en saynètes tous publics... et les plus sages en joyeuses grivoiseries. En fin de compte, réussite sur toute la ligne !


Caroline Fabre

Ma Colocataire Est Encore Une Garce !


Ma Colocataire Est Encore Une Garce !

Rire du malheur des autres

Malgré le succès de 'Mon colocataire est une garce', son personnage principal, Hubert Chataigneau, garde son karma... pour le grand plaisir des rieurs !

Hubert, 38 ans, toujours comptable, toujours célibataire et toujours aussi gros balourd vient d'acheter un appartement. La, l'ancienne locataire n'est pas partie ! D'abord décidé à la jeter dehors il se laisse attendrir et... doit camper dans l'appartement pour lui laisser son confort. Sa coloc d'aujourd'hui est encore une sacrée futée ! Elle l'embobine à coup de mensonges éhontés mais lui ne voit toujours rien, malgré le départ de ses économies et l'arrivée d'un 'frère' italien dont l'accent va et vient au rythme de la crédulité du nouveau propriétaire. Mais ce que Sasha et son 'frère' voient bien par contre, c'est l'emplacement idéal de cet appart : avec une longue-vue, ils ont accès direct aux numéros de cartes bancaires des clients de la banque d'en face ! Et ce n'est pas ce minable comptable qui va les empêcher de se remplir les poches... à moins qu'il ne les aide sans le savoir... La belle joue alors de tous ses charmes pour conquérir ce cœur d'artichaut... elle n'aura pas de mal, lui, si... Revisitant le classique mari-femme-amant, cette comédie de Fabrice Blind mise en scène par Anne Roumanoff a pour seule prétention de faire rire... et ses aficionados sont au rendez-vous. En serez-vous ?


Caroline Fabre

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